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les rois du crime

 
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romeosso
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MessagePosté le: 30/04/2006 22:49:28    Sujet du message: les rois du crime Répondre en citant




Par Driss Bennani et Nadia Lamlili
Enquête. Les Plus grands criminels marocains depuis l’independance

Ils sont apparus dans les années 90. Ils ont tué, enlevé, violé. Objets de crainte et de fascination, les plus grands criminels de l'histoire récente du Maroc sont devenus des légendes. Qui étaient-ils ? Comment procédaient-ils ? Comment sont-ils tombés ? Plongée dans un monde sanguinaire.


Mjinina, Zouita, Ninja, Boulouhouch… Leurs noms sont devenus des légendes dans l'histoire du crime. Synonymes d'atrocité, de barbarie mais aussi de ruse et d'intelligence, ces criminels ont fait courir la police et terrorisé la population pendant plusieurs mois avant de se faire attraper et juger. Leurs histoires sont toutes différentes. Ils ont tué pour se venger, par passion ou parce qu'ils étaient dans le besoin. Impossible d'établir des catégories de grands criminels au Maroc. “C'est universel, chaque acte criminel est unique”, affirme le criminologue Miloudi Hamdouchi. Encore plus chez nous, dirait-on...



Enquête. Les Plus grands criminels marocains depuis l’independance


Dans les couloirs de la Direction centrale de la police judiciaire à Rabat, on raconte avec amusement l'échec, dans les pays du sud, d'un système informatique d'analyse criminelle, pourtant performant dans les pays nordiques. “C'est une sorte de base de données informatisée qui fait des rapprochements automatiques entre plusieurs crimes survenus sur une période donnée et pointe les similitudes entre eux sur la base du modus operandi, de l'arme utilisée, du sexe des victimes, etc. Cela permet d'identifier des criminels qui sévissent régulièrement ou des serial killers”, explique un officier de la police judiciaire. Le système a déjà été testé en Europe et les premiers résultats sont édifiants. En gros, disons que le nouveau système devient moins
performant dès lors qu'on se rapproche de la Méditerranée. “A Marseille ou en Sicile, on avait déjà de moins bons résultats qu'à Stockholm ou à Helsinki”, explique un criminologue qui poursuit le plus sérieusement du monde, “chez les Méditerranéens, le crime est quelque chose d'irrationnel. Le criminel utilisera à chaque fois une arme différente, tuera indifféremment des hommes, des femmes, des enfants ou volera du bétail ou des voitures… rendant impossible tout rapprochement”.

Tueurs par accident
Pour autant, qu'est-ce qui permet de qualifier de “grands criminels” des gens comme Mjinina, Boulouhouch, Khanfouri et les autres ? Parmi les têtes d'affiche du panthéon du crime marocain, certains n'ont jamais tué personne (Boulouhouch) ou se sont spontanément rendus après avoir commis leur unique crime (Mjinina). Ils sont tous, à un moment ou un autre de leur vie, passés par des moments difficiles et se sont mis à tuer pour différentes raisons mais presque par accident pour la majorité d'entre eux. “En fait, ce sont les gens qui ont en fait des légendes, explique le criminologue Miloudi Hamdouchi. Nous avons une mentalité ouverte à toutes les spéculations”. Un Zouita qui découpe sa maîtresse, un Mjinina qui se balade avec une tête humaine dans un sac en plastique ou un Boulouhouch qui vit en pleine forêt, avouez que cela a de quoi émouvoir les foules et les faire rêver. Chaque affaire a eu son lot de légendes et d'histoires surréalistes.

“Alimentée par les longues années de répression du pouvoir public, le manque d'informations, l'analphabétisme, cette mentalité a fomenté bien des histoires où coexistent peur et fascination”, explique Miloudi Hamdouchi. Quelque part dans l'imaginaire populaire, ces criminels se sont rebellés contre le pouvoir. Ils ont fait courir des agents d'autorité hautains, “haggaras” et mal-aimés. La légende casablancaise dit par exemple que Ninja s'attaquait aux policiers parce qu'un agent de circulation lui avait soutiré 50 DH lors d'un contrôle de routine, ou qu'un Boulouhouch donnait le tournis à des gendarmes qui ont chassé ses parents de la maison familiale. C'est l'exemple-type de ce que les spécialistes appellent “le criminel réactionnaire”, celui qui se fait justice lui-même parce qu'il a perdu confiance dans les structures de l'Etat. Puis il y a ceux qui ont choqué par le nombre de victimes ou le modus-operandi, les serial killers proprement dits. Ceux-là tuent en nombre et leurs victimes ont souvent quelque chose en commun. L'exemple le plus récent reste celui de Boussemma. Ce vagabond r'bati a abattu douze SDF en moins d'une année avec… la même pierre tombale. Autre exemple, celui du pédophile de Taroudant. Après avoir abusé sexuellement de sept enfants, il les a tués puis enterrés dans le terrain vague qui entourait sa hutte. Dans leurs déclarations à la police, les deux criminels avouent “ressentir le besoin de tuer dès qu'ils commettent leur premier crime”. Pour autant, explique le psychiatre Hachem Tyal, il serait dangereux de les considérer comme des “malades mentaux” ou des fous et de les interner. “Ce sont des personnes responsables de leurs crimes et elles doivent être jugées en tant que telles pour protéger la société”.

Le crime copyright
Entre le criminel légendaire (type Boulouhouch) et les serial killers (cités plus haut), il existe un autre profil tout aussi intéressant : le provocateur. Certainement le plus énigmatique, le plus excitant pour un enquêteur. Certains criminels à l'ego bien affirmé sont entrés dans l'histoire à travers - la pratique est universelle - leurs “signatures”. Prenez un Ould AÏcha par exemple. Ce jeune homme de Taza a sévi au milieu des années 80. Parce qu'on lui a refusé son projet d'entreprise, il a juré de se venger des responsables de la ville. Il employait de jeunes lycéennes pour draguer ces responsables et les attirer dans une garçonnière où il se cachait. Ould Aicha attaquait le noceur quand il s’était déshabillé et lui marquait les fesses au fer rouge. Mythe ou réalité ? Mystère. Toujours est-il qu'au tribunal, il aurait demandé, en signe de défi, au procureur du roi de montrer ses fesses avant de le juger. Dans la même série des actes “copyright”, un autre grand bandit, marrakchi celui-là, prenait un malin plaisir à déféquer sur les matelas des maisons qu'il braquait. Un autre se présentait systématiquement en costume-cravate, forçait les portes à l'aide d'un pied de biche et prenait toujours le même soin de l'envelopper dans un papier journal et de le laisser sur le lieu du braquage. A quoi riment toutes ces signatures ? À flatter l'ego du criminel bien sûr, mais pas seulement. Selon cet enquêteur, “c'est une vieille tradition. Il y a quelques années, la police collait toutes les affaires qu'elle avait en instance au premier capturé. Les criminels ont donc commencé à signer leurs crimes pour contrer cette façon de faire”.

Le crime et l'Etat de droit
Dans les faits, et malgré toutes ces histoires, le Maroc n'est pourtant pas un pays de grande criminalité. Tous les praticiens vous le diront, “le crime n'a jamais pu s'organiser au Maroc”. Entre autres, parce que les criminels ont difficilement accès aux armes à feu par exemple. Il y a ensuite l'organisation de l'Etat. Ce praticien aujourd'hui à la retraite résume la question en une phrase : “Nous n'avons pas de crime organisé parce que nous ne vivons pas dans un Etat de droit”. “Par sa domination et son arbitraire, explique-t-il, l'Etat peut à tout moment casser toute tentative d'organisation mafieuse”. Rappelez-vous la campagne d'assainissement de 1996. A l'époque, le cartel de la drogue avait pris une telle ampleur qu'il opérait au vu et au su de tout le monde, méprisant les institutions de l'Etat et flirtant avec les mafias étrangères. Il devenait dangereux. Une campagne d'assainissement et quelques procès expéditifs ont suffi pourtant pour en maîtriser les gros bonnets. Idem pour le crime islamiste organisé post 16 mai. Des milliers de rafles, autant d'années de prison, quelques condamnations à mort et des séjours à Témara… et le tour est joué.

S'il échappe au crime organisé, le Maroc est toutefois rattrapé par une caractéristique universelle de l'acte criminel : la mutation. Cela veut dire que le crime évolue et que ses techniques changent. On apprend des fautes des aînés et on s'adapte à son temps. Dans ce cadre, la prison s'avère être un terrain tout indiqué pour le transfert du savoir criminel.

Le terrible El Khanfouri a par exemple fait ses classes au pénitencier de Kénitra. C'est là qu’ il a tué pour la première fois et recruté les premiers éléments de sa bande. Autre exemple de mutation : celui des barons de la drogue. Contrairement à Dib ou à Yakhloufi, Mounir Erramach a entraîné dans sa descente aux enfers les plus grands responsables de la ville et avait auparavant domicilié toute sa fortune en Espagne. La troisième génération gagnera certainement à être plus discrète. Ainsi va le crime…

Crime mutant
“La bonne police est justement celle qui anticipe ces mutations”, affirme fièrement un officier à la DGSN. Quand il a pris ses fonctions, Laânigri a commencé par installer un service de statistiques et d'analyses. Sous cette banale appellation administrative se cache en fait un véritable observatoire du crime. Un service qui centralise l'information, établit des statistiques et fait les rapprochements nécessaires entre les crimes du même type. Cela a permis à l'administration de dresser une cartographie nationale du crime et a aidé les officiels de la DGSN à établir leur stratégie nationale de lutte contre la criminalité. Un autre service a également vu le jour il y a quelques années : l'étude de la scène du crime. Des techniciens relevant de la police scientifique ont spécialement été formés pour prélever, sur le lieu du crime, les moindres indices qui peuvent faire avancer l'enquête. Ils ont déjà résolu des affaires compliquées à partir de boîtes d'allumettes, de montures de lunettes, de gouttelettes de sang, etc.

Malgré toutes ces avancées, la police judiciaire continue de souffrir d'un manque flagrant de moyens : peu ou pas de ressources pour monter des planques, organiser des filatures dans les règles ou établir des écoutes téléphoniques légales, même sous contrôle judiciaire. On fait donc avec les moyens du bord, bien marocains ceux-là. Dans un cas sur deux, ce sont les indicateurs qui mettent les enquêteurs sur la piste des criminels. Des gardiens de voitures, des vendeurs de cigarettes au détail ou des prostituées… n'importe qui peut vendre la mèche. “Quand un criminel part en cavale, il ne reste jamais longtemps dans un même lieu. Il bouge pour brouiller les pistes mais a nécessairement un point de chute, chez sa concubine, sa mère, dans un cabaret, etc. C'est généralement là que nous tendons nos pièges”, raconte un commissaire. “Amateurisme” des grands criminels aidant, cela finit presque toujours par payer...




Mohamed Zouita.
Massacre à la tronçonneuse


En 2003, la découverte successive de lambeaux humains sur la voie publique sème la panique à Casablanca. Des morceaux de cadavres mutilés, emballés dans de simples cartons négligemment abandonnés au beau milieu du Boulevard Roudani ou au centre du Maârif, cela frisait la provocation. Le 11 février 2003, le premier cadavre découvert est celui d'une femme. Son sexe est sectionné, mis dans un slip bleu avec une lettre manuscrite sur un feuillet de carnet d'écolier qui se
terminait ainsi : “comment la famille va-t-elle accueillir mon ventre déformé qui grossit ? S.C. Maârif”. Quelques heures plus tard, d'autres morceaux de corps humain sont découverts dans une autre ruelle du quartier Maârif. Dans les cartons cette fois, un tronc d'homme. Casa est sous le choc. Les bouts de doigts des deux victimes sont découpés. Elles ne peuvent donc pas être identifiées. Les enquêteurs croient cependant tenir une piste. Tous les cartons appartiennent à la même société, spécialisée dans la vente et l'installation de boîtes aux lettres métalliques. Problème, la société en question fournit plusieurs promoteurs immobiliers de la ville. Les enquêteurs font alors le tour des chantiers. Les plus récents pour commencer. Ils demandent où vont les cartons, qui les récupère, dans quel but, etc. Parmi les interrogés, un certain Mohamed Zouita, concierge d'immeuble. Il affirme récupérer les cartons et les redistribuer à des amis qui les lui réclament. Détail troublant cependant, tous les “amis” cités nient avoir réclamé ces cartons à Zouita. Pourquoi a-t-il menti aux enquêteurs ? Ces derniers reviennent le voir mais constatent qu'il a disparu dans la nature, sans même récupérer son salaire. Dans sa chambre, ils découvrent un cahier d'écolier avec des feuillets semblables à ceux retrouvés sur le premier corps et surtout, des cartons similaires à ceux du lieu du crime et des gants noirs tachées de sang. Quelques jours plus tard, Zouita est retrouvé mort dans un bureau vide de l'immeuble qu'il gardait. Il s'est vraisemblablement suicidé. La suite de l'enquête révélera que le corps de la femme retrouvé dans la rue appartient à une maîtresse de Zouita, alors que celui du quartier du Maârif appartient à un cousin que Zouita aurait liquidé lors d’ une banale altercation nocturne. Pour expliquer leur disparition, Zouita racontait à son entourage que son amante l'avait quitté pour s'installer à Agadir et que son cousin avait émigré clandestinement en Espagne. Pourquoi les a-t-il tués ?






Ninja.
Man in black à Hay Mohammadi


Le modèle parfait du criminel par accident. Son histoire commence en 1992. En cette fin de journée, Ninja rentre tranquillement chez lui à bord de son vélomoteur. Arrêté par un policier pour un soi-disant contrôle de routine, ce dernier exige un “petit quelque chose” pour le laisser filer. Ce sera 50 DH. Tout juste assez pour énerver notre homme et éveiller en lui une vieille rancœur qu'il garde de son service militaire, contre les agents d'autorité qui l'ont tant humilié. Il
bouillonne, jure de ne pas se laisser faire cette fois et retourne voir le policier en question. D'un coup, il l'assomme, lui pique son arme et le rate de peu. Il ne sait pas trop quoi faire de l'arme à feu qu'il garde chez lui pendant quelques semaines. Le 25 novembre, il tue un policier sur l'échangeur de l'autoroute d'Aïn Sebaa. Un malheureux accident, dira-t-il à des journalistes qui l'ont interviewé récemment. L'homme devient très vite un héros local et prend goût aux agressions nocturnes. Toute la police de la métropole est à ses trousses. Ninja multiplie les sorties de nuit, toujours drapé de noir (d'où son surnom ). Il attaque et blesse par balle deux autres personnes au Hay Hassani et leur dérobe 1600 DH.
La psychose gagne les quartiers périphériques de la métropole et l'affaire prend une ampleur inattendue. Ninja est perdu, dépassé par les événements. Lorsqu’il se rend aux services de police de Bernoussi, ces derniers le croient à peine. Il passera finalement aux aveux devant tous les hauts gradés de la métropole et sera, sans surprise, condamné à mort.






Boussemma.
Le cauchemar des SDF


Abdelali Amer, alias Boussemma, aura tranquillement sévi pendant plus de 10 mois. Sa spécialité ? Tuer puis voler les SDF de la capitale. Sa méthode ? Toujours la même, quelques coups mortels sur la tête à l'aide d'une grosse pierre tombale. A chaque fois, sa méthode a marché et les enquêteurs ont cru à des chutes mortelles de clochards soûls, toujours confirmées par des autopsies faites à la va-vite. C'est ainsi qu'il a tranquillement liquidé 12 SDF r'batis, dont une vieille
femme qu'il a violée avant de l’achever. Il sera arrêté quelques semaines après avoir assassiné sa douzième victime. Cette fois, un témoin l'aurait vu s'échapper après son ignoble crime. Un portrait-robot est diffusé dans la capitale et Boussemma tombe facilement. Froidement, il déclare “tuer pour avoir de quoi vivre”. Ancien soldat à Laâyoune, ce cinquantenaire meknassi est un cas à part. Après qu’il a été chassé par sa famille, sa sœur l'aide à se procurer une charrette et il devient marchand ambulant. Puis coup sur coup, il perd sa charrette et sa sœur décède des suites d'un cancer. Abdelali devient SDF. En octobre 2004, dans un cimetière de la ville, il tue un ivrogne à l'aide d'une pierre tombale et le déleste de moins de 60 DH. La pierre devient son arme fétiche et ses crimes lui rapportent chaque fois un peu plus d'argent. Aux enquêteurs, il déclarera :” si c'était à refaire, je le referai”. Il attend toujours son jugement.






Boulouhouch.
Le monstre qui n'a jamais tué


Qui n'a pas entendu parler de Boulouhouch ? En 1996, ce “criminel” légendaire, réfugié dans les forêts de l'Atlas, a semé la terreur dans la région d'Azrou et d'Ifrane. Selon les autorités, Mohamed Azzou (c'est son vrai nom) était un monstre qui vivait en pleine forêt. Il tuait les enfants, violait les femmes et se nourrissait de gibier et de bêtes sauvages. Pour les habitants, il était un justicier qui faisait courir des gendarmes corrompus et mal-aimés. Un Robin des bois marocain. Rien
ne prédestinait pourtant le jeune Mohamed à une aussi “grande carrière”. Enfant, il a appris à cultiver la terre de son père. Puis adolescent, il s'est découvert une passion et un don certain pour la chasse. Les gardes forestiers n'hésitaient d'ailleurs pas à emmener dans leurs bagages ce jeune as de la gâchette, véritable fierté du village. Chaque soir, Mohamed distribuait ses prises aux gens du douar et vendait du sanglier aux touristes. Les affaires marchaient plutôt bien. Il se fait de l'argent de poche et commence à fréquenter les nombreuses maisons de plaisir de l'Atlas. C'est maintenant un jeune gaillard bien bâti, admiré et jalousé. A 27 ans, il écope de cinq ans de prison pour une banale affaire de vol. A sa sortie, c'est un autre homme, plus violent. Les gendarmes veulent en faire un mouchard, il refuse. Ils ne le lâchent pas pour autant. Tous les prétextes sont bons pour l'interroger, l'interpeller, le convoquer. Mohamed n'en peut plus. Le déclic se produira en 1996. Les gendarmes débarquent lors du mariage de son frère pour enquêter sur une affaire de vol de fusil. La fête tourne au drame et Mohamed fuit le village. Il se réfugie dans la région de Ketama et apprend que les gendarmes ont chassé ses parents de la maison familiale. Il fulmine de rage, se trouve un fusil et fait de la forêt son petit royaume inaccessible. Une année durant, il chasse le gibier et côtoie les bêtes de la forêt. C'est à ce moment qu'il hérite du surnom de Boulohouch (le maître des fauves). A la même époque, un autre grand criminel rôde dans la forêt, Driss Amkhchoum. Celui- là viole les femmes, attaque le bétail et dispose de sa propre bande. Boulouhouch n'en fait pas partie. Il préfère agir seul. Attaquer quelques touristes dans la forêt, les délester de quelques dirhams… rien de plus. On lui collera cependant (à tort ou à raison) des dizaines d'affaires sur le dos. La traque s'éternise mais la forêt reste impénétrable. Les gendarmes arrêtent les parents de Mohamed, question de faire pression sur lui. Le fugitif encaisse mal le coup et cède aux arguments d'un notable envoyé par les officiels pour négocier sa reddition. Il se rend directement au ministère de l'Intérieur à Rabat. Driss Basri l'aurait interrogé en personne. Il est poursuivi pour constitution de bande criminelle, attaque à main armée, etc. Il écope d'une condamnation à perpétuité qu'il purge encore à la prison centrale de Kénitra.



[Voir le graph]



Criminalité. Le top ten des villes

Le classement suivant est établi par les services de la DGSN sur la base du nombre d'affaires traitées par les différentes préfectures de police du pays en 2005.


1. Casablanca. 73 758 affaires. Sans surprise, Casablanca arrive en tête des villes au plus fort taux de criminalité. Normal, c’est la plus grande ville du pays et sa préfecture de police, l'une des plus étendues géographiquement. Attention cependant, sur les 70 000 affaires traitées en 2005, beaucoup concernent des vols qualifiés et des affaires économiques et financières plutôt que des crimes de sang.

2. Marrakech. 25 890 affaires. La ville ocre continuera décidément longtemps à nous décevoir dans les classements. Avec le deuxième plus grand taux de criminalité dans le pays, la ville enregistre surtout des affaires liées aux mœurs et à l'escroquerie. Il est intéressant à cet égard de faire le rapprochement avec la montée du tourisme sexuel dans cette ville.

3. Fès. 25 168 affaires. Fès arrive troisième au classement. Comme toutes les grandes villes, elle est le refuge de petits et grands criminels des douars et petites villes avoisinantes. Puis tout comme Meknès, elle se trouve sur un axe assez particulier : la route du kif depuis Kétama.

4. Rabat. 24 797 affaires. La capitale quatrième au classement. Les crimes les plus répandus relèvent du vol de voitures, de maisons, d'agressions, etc. Rien de bien alarmant.

5. Oujda. 20 933 affaires. L'Oriental enregistre le cinquième plus fort taux national de criminalité . L'essentiel des affaires traitées concerne le trafic de psychotropes et la contrebande en tous genres, en plus des affaires d'émigration clandestine.

6. Meknès. 14 209 affaires. Même si elle fait souvent parler d'elle, la capitale ismaïlienne arrive sixième. La ville enregistre pourtant un taux assez important de crimes de sang, d'agressions et de coups et blessures entraînant la mort. Récemment également, quelques cellules terroristes ont été démantelées dans la ville.

7. Tanger. 12 574 affaires. La ville du détroit arrive septième. Les affaires les plus courantes concernent, sans surprise, la contrebande et le trafic de drogue.

8. Agadir. 12 250 affaires. Tout comme pour Marrakech, les affaires liées directement ou indirectement aux mœurs arrivent en tête des affaires traitées par les services de police de la ville. Les récentes affaires de pédophilie, de pornographie, de prostitution et d'homosexualité le confirment.

9. Settat. 10 033 affaires. Le chef- lieu de la Chaouia fournit l'essentiel de la matière des chroniques judiciaires et pourtant, Settat n'est que neuvième. De nombreux crimes de sang et d'agressions sont enregistrés.

10. Laâyoune. 9605 affaires. Le Sahara, enfin ! Avec seulement 9600 affaires traitées par an, il passe pour l'une des régions les plus paisibles du royaume. L'essentiel des affaires traitées concernent l'émigration clandestine et la subversion liée au contexte politique de la région.







Abdelilah Hadi.
Le détraqué de Taroudant


La découverte de restes humains à l'entrée de la ville de Taroudant allait rompre la quiétude de la petite ville du sud en ce paisible jour férié du 20 août 2004. Des ossements, des restes de chair et quatre crânes sont découverts sur les bords d'un oued par certains passants. Quelques mètres plus loin, un autre amas de restes humains est découvert par les enquêteurs. Une petite boîte de sardines attire également leur attention. Elle contient un bout de papier portant
l'inscription suivante : “12 octobre, semaine 41, Adidas 55, Hadi 2303, Adidas 5”. A quoi rime ce charabia ? Mystère, toujours est-il que Hadi est un nom de famille plutôt répandu dans la ville. Une première piste est donc à explorer. Plusieurs personnes portant ce nom sont donc interrogées et l'attention des enquêteurs est particulièrement attirée par la gare routière de la ville où plusieurs enfants ont récemment disparu . Un certain Hadi y vend des sandwichs depuis quelques années. Il est connu pour “son extrême gentillesse avec les enfants”. Une enquête secrète montre qu'il habite une hutte au milieu d'un terrain vague, loin des regards.
Hadi est arrêté et passe rapidement aux aveux. Il affirme avoir abusé sexuellement puis tué sept enfants, âgés de six à seize ans. Pourquoi une telle sauvagerie ? Hadi raconte que jeune, il a été violé par 14 personnes et que de toute sa vie, il n'a eu qu'une malheureuse expérience sexuelle avec une prostituée qui l'a tabassé. Depuis, il n'avait plus d'attirande que pour les enfants aux cheveux noirs. Pourquoi les tuait-il systématiquement ? “J'avais peur d'être découvert. En plus, quand j'ai tué le premier, je ne pouvais plus m'arrêter”, a-t-il confié à Police Magazine en février 2005. La même année, il a été condamné à mort par fusillade.





Mjinina.
Un mythe encore vivant


Aujourd'hui encore, de jeunes Meknassis s'approprient le surnom de Mjinina sur les forums de discussions sur Internet. C'est dire la notoriété posthume de l'enfant terrible de Borj Moulay Omar. En 1991, ce criminel (déjà fiché chez les services de police) tue l'un de ses rivaux, lui coupe la tête, la met dans un sac en plastique et la dépose lui-même au poste de gendarmerie. Rien que ça ! La légende dit aussi qu'il l'a brandie au milieu d'un bus bondé et dans un bar du centre-ville
mais rien de tout cela n'est vérifié. La victime ? Hanfouza, un chef de bande rivale avec lequel Souihi Abderrahmane (Mjinina est son surnom d'enfance) a eu quelques accrochages en prison. Depuis leur remise en liberté , Mjinina sait qu'il est surveillé par les hommes de son rival, que son heure est proche. Il préfère alors prendre les choses en main et attire Hanfouza, seul, vers la banlieue de la ville. Il l'attaque violemment, l'étend par terre, récite une sourate du Coran avant de lui couper la tête. Devant le juge, il déclarera que “de toute manière, Hanfaouza aurait fait la même chose avec sa tête à lui”. A la fin de l'audience, il demandera simplement à embrasser sa mère avant d'entendre la sentence. Condamné à mort, il réussira à se suicider à la prison centrale de Kénitra au milieu des années 90.






El Khanfouri.
La terreur du Gharb


Certainement le plus cruel de la bande. À 20 ans, ce grand bandit du Gharb a fait une entrée fracassante dans le milieu de la grande criminalité. Vers la fin des années 90, Ghaffar Aissa (c'est son vrai nom) est en prison, et déjà, ses crimes sont d'une rare cruauté. Il commence par égorger un compagnon de cellule puis un gardien avant de s'enfuir avec un autre détenu. Khanfouri s'installe quelque part entre Sidi Kacem et Kénitra et forme sa bande. Son hobby favori ? Attaquer
les mariages, violer les nouvelles mariées et détrousser les invités. Résultat, pendant de longs mois, on se mariait sans fracas dans le Gharb. Sans pitié pour ses collaborateurs, il n'a pas hésité à liquider certains, à couper la langue d'autres. Sa bande montait ses propres barrages sur les routes secondaires et dépouillait les voyageurs, de jour comme de nuit. Selon la légende, même les grands propriétaires terriens lui versaient de l'argent pour avoir la paix. Coincé dans un champ de canne à sucre par deux gendarmes, il n'a pas hésité à les abattre froidement et à repartir en cavale. C'est finalement lors d'un imposant ratissage sécuritaire qu'il tombera finalement après avoir essayé de poignarder un officier qui tentait de l'arrêter. Son procès a attiré des habitants de toute la région et, selon quelques journaux de l’époque, des notables n'ont pas hésité à dresser des tentes caïdales et à organiser de grandes fêtes pour célébrer sa condamnation à mort

source:telquel

"Plus on aime, plus on souffre. La somme des douleurs possibles pour chaque âme est proportionnelle à son degré de perfection..."



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