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FAMILLE OUFKKIR...15 ans apres

 
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romeosso
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MessagePosté le: 12/05/2006 15:41:34    Sujet du message: FAMILLE OUFKKIR...15 ans apres Répondre en citant



"Je veux rencontrer le Roi Mohammed VI"

deuxième livre sur votre vie, est-ce que votre premier, La Prisonnière, n’a pas suffi pour dire ce que vous avez sur le coeur?
-Malika Oufkir: J’ai ressenti, tout simplement, le besoin de parler. L’écriture est devenue pour moi un moyen de communiquer. L’Etrangère, paru aux éditions Grasset, contrairement à mon livre témoignage, ne revient pas sur mes dix-neuf de détention, mais sur les quinze années après ma libération. Vivre ses plus belles années de jeunesse dans un trou à rats pour retrouver, soudainement, la lumière à la fleur de l’âge n’est pas une chose facile. À ma sortie de prison, j’avais tout à apprendre.
J’avais oublié ce que c’est manger, dormir, aimer...Bref, j’avais oublié ce que vivre veut dire. Les gestes les plus simples de la vie étaient pour moi une montagne à affronter. J’ai eu du mal à comprendre le temps des humains, leur rapidité ou leur lenteur, leurs impératifs d’horaire. J’ai eu du mal à renouer avec le bonheur. Ce mot m’a été longtemps interdit.


•MHI: Pourquoi ce titre L’Étrangère, est-ce que vous l’êtes toujours?
-Malika Oufkir: Non, je ne le suis plus. Le livre L’Etrangère a été écrit en 2002. À cause de problèmes internes dans ma maison d’édition, il n’a pu voir le jour qu’en mai 2006. En l’écrivant, je ne savais pas que sa sortie coïnciderait avec la fin de mon calvaire et de ma lutte, et de mes
retrouvailles avec le bonheur. J’ai mis du temps à me réadapter et à apprendre à vivre. J’étais, pendant longtemps, une étrangère.
À Paris, sans aide au logement, sans sécurité sociale, j’ai toujours ressenti le poids de l’exil. J’ai été aussi la fille d’Oufkir, le père sanguinaire, responsable prétendu de l’assassinat de Ben Barka. Même, après mon mariage, malgré ma nationalité française, je suis restée la Marocaine.
C’est aux Etats-unis, où je suis actuellement installée, que j’ai pu me reconstruire. Dans ce pays d’immigration, les gens comme moi peuvent vivre les instants présents et envisager leur avenir.


•MHI: Est-ce grâce à votre mari que vous avez retrouvé le bonheur?
-Malika Oufkir: Oui. Eric est un homme formidable. Il m’ a beaucoup aidée à surmonter mes moments de doute. J’ai eu de la chance de le rencontrer. C’est l’homme de ma vie. Il était patient avec moi et m’a donné le temps pour renouer avec mes émotions.
Comme il a grandi dans un Liban en guerre, de l’âge de 3 ans à 19 ans, il parle l’arabe et connaît bien le Maroc, je n’ai pas eu besoin de lui expliquer beaucoup de choses. Aujourd’hui, il n y a pas que lui. Il y a aussi ma fille, Nawal, et le petit dernier, Adam, à qui je donne beaucoup d’amour et qui me le rendent bien.


•MHI: Est-ce que vous comptez vous installer, un jour, au Maroc?
-Malika Oufkir: C’est le dilemme qui s’est posé, cette année. J’aimerais tellement vivre au Maroc et recommencer une nouvelle vie. Mais, je donne aussi le temps, à ma famille, la chance d’entreprendre et de finir les projets entamés aux Etats-unis. Pour mon fils, Adam, si je n’arrive pas à lui obtenir un passeport français ou un visa d’entrée aux Etats-unis, je serai prête à revenir au Maroc pour vivre avec lui. Pour le moment, j’entreprends toutes les démarches envisageables pour qu’il puisse vivre avec sa famille.


•MHI: Vous ne tenez plus rigueur au Maroc?
-Malika Oufkir: je n’ai jamais tenu rigueur au Maroc, mais je tiens rigueur au régime Hassan II. Les Marocains sont mes concitoyens et beaucoup d’entre eux ont été, comme moi, victimes des années de plomb.
Oui, j’ai ressenti de la colère à l’égard de Hassan II. Ce sentiment, je pense, est justifié vu ce que ma famille et moi-même avons vécu. Heureusement que l’époque de Hassan II est résolument finie.Le Maroc d’aujourd’hui est celui de l’espoir et non de la répression.

•MHI: Est–ce que vous avez contacté le Roi Mohammed VI?
-Malika Oufkir: Maintenant que je me suis réconciliée avec moi-même, je suis prête à le faire. Je compte demander une audience pour rencontrer le Roi. J’espère que ça se fera.

• MHI: Est-ce que vous avez déjà rencontré le Roi Mohammed VI lorsqu’il était prince héritier?
-Malika Oufkir: Oui, en 1991, dans une boîte de nuit, un mois après ma libération. Il m’a simplement dit: «Oubliez le passé... Ma porte vous sera toujours ouverte.» Je l’ai cru.


•MHI: Est-ce qu’on vous a restitué vos biens?
-Malika Oufkir: Nous avons récupéré le minimum. Nous savons, aujourd’hui, que le reste est perdu à jamais. Ma mère ne se fait pas encore à cette idée, mais elle doit se résigner un jour ou l’autre.
Même les dommages et les intérêts que l’Etat Marocain nous a versés n’étaient pas à la hauteur de nos espérances. Vu le mal qu’on a subi, les dommages auraient pu être plus conséquents. Mais, je sais que ça fait plaisir à beaucoup de monde de savoir que la famille Oufkir est en crise financière. Nous attendons aussi des excuses de l’Etat marocain, l’argent ne suffit pas à effacer dix-neuf ans de malheurs


La famille Oufkir 15 ans après

Il y a quinze ans, la famille Oufkir retrouvait, enfin, la liberté. C'était le 26 février 1991. Ce jour-là, Fatéma, Malika, Raouf, Meryem, Maria, Soukaïna et Abdelatif le vécurent comme une renaissance. Ils doivent réapprendre à vivre après dix-neuf ans de survie.
L'épouse du général Oufkir, officiellement suicidé après l'échec du coup d'Etat de 1972 contre feu Hassan II, et ses six enfants ont payé pour la trahison de leur père. Et, ils ont payé le prix fort. Leur descente aux enfers commence en 1975. Les sept membres de la famille avec leur cousine Achoura disparaissent sans laisser aucune trace. Ils sont mis en détention dans un lieu secret que seul leur geôlier connaît. Ils sont confinés dans des cellules de 3 m2 au fin fond du Sahara. Endurant le froid glacial de l'hiver, la chaleur torride de l'été, l'humidité, l'obscurité, les traitements inhumains, le manque de nourriture, d'hygiène et de soins médicaux. Leurs seuls visiteurs, les scorpions, les serpents, les puces et les rats. Avec courage, ils ont lutté et résisté à la barbarie humaine. Douze années plus tard, en 1987, quatre enfants Oufkir parviennent à s'évader après avoir creusé un tunnel sous terre de leurs mains nues. Ils rejoignent l'Espagne puis la France. Au micro de RFI, ils dévoilent au monde entier leur calvaire.
La vérité éclate au grand jour. Le monde ne peut plus se taire. Personne ne peut rester les bras croisés. La famille Oufkir est assignée à résidence surveillée dans une villa à Marrakech. Compte tenu des relations franco-marocaines, les quatre fuyards seront réexpédiés vers le Maroc


Leur délivrance n'aura lieu que cinq ans plus tard, mais ce n'est pas pour autant que leur combat est fini.
Lâchés dans la nature, sans soutien psychologique ni physique ni financier, puisque leurs biens ont été confisqués, les membres de la famille Oufkir ont du mal à trouver leur place dans une société régie par la peur et la répression. Personne n'ose les approcher par crainte des représailles. Même en étant libres, ils doivent subsister. Pour trouver un travail, il faut se lever tôt. Malika tente sa chance auprès du publicitaire Nourredine Ayouch. Cet homme brave lui offre sa première expérience.
Cela ne va pas durer. Surveillés et harcelés, le pays qui les a vus naître leur est hostile. Ils cherchent à partir, mais le document de voyage leur est refusé. En 1996, ils obtiennent leur passeport et décident de s'installer à Paris, en France. Malika l'aînée, 53 ans, publie La Prisonnière aux éditions Grasset en 1999, un livre témoignage, écrit avec Michèle Fitoussi, où elle raconte son enfance à la Cour royale et sa jeunesse dans les prisons marocaines.
Fatéma, sa mère, 69 ans, lui emboîte le pas. En février 2000, elle sort une autobiographie intitulée Les Jardins du Roi, aux éditions Michel Lafon. La veuve du général décrit comment, de femme estimée et respectée de la Cour royale, elle est devenue une prisonnière humiliée et torturée. Raouf Oufkir, 49 ans, édite Les Invités chez Flammarion.
Il revisite les événements historiques qu'a connus le Maroc depuis son indépendance. 15 ans après l'enfer, il est bien légitime de se demander ce qu'est devenue la famille Oufkir, l'une des plus célèbres dans le monde?
Malika fait l'actualité. Son deuxième livre L'Étrangère vient de paraître aux éditions Grasset.

Elle y relate sa vie après la libération. Son premier ouvrage a rencontré un succès planétaire. Après son passage à l'émission d'Oprah Winfrey, la plus connue des animatrices américaines, son livre a été vendu à près d'un million d'exemplaires aux Etats-Unis.
Par contre, il a été interdit au Maroc. Mariée à un architecte français, Eric Bordeuil, elle vit entre Miami, Paris et Marrakech. À part l'écriture, elle consacre son temps libre à la fabrication de bijoux en argent et en pierres semi-précieuses achetées au Maroc et s'occupe de son foyer et de sa fille Nawal, une nièce qu'elle a élevée comme sa fille, vu qu'elle ne peut plus avoir d'enfants à cause des multiples infections contractées durant sa détention et non soignées. Dernièrement, elle a adopté un autre enfant nommé Adam, un garçon de l'orphelinat de Marrakech.
Pour des raisons administratives, elle ne peut pas lui obtenir un passeport français pour qu'il puisse vivre avec eux aux Etats-Unis. C'est Fatéma, sa mère, qui s'en occupe, le temps de régler le problème
Titulaire d'un DEA en Histoire et Littérature des civilisations, Raouf prépare son Doctorat. Il collabore régulièrement avec des journalistes et des universitaires réputés. Père d'une fillette de 13 ans, l'auteur de Les Invités cherche toujours un distributeur marocain pour son livre. Soukaïna, la benjamine des filles, 43 ans, réalise un rêve d'enfant. Elle termine son premier album, «Ouf», et cherche un producteur. Les critiques parlent d'une voix superbe, mélodies sensuelles, textes subtils et intelligents. Auteur et compositeur, elle passe son bac à 35 ans et enchaîne les petits boulots avant de se lancer dans la chanson. Le célèbre magazine les Inrockuptibles lui prédit une riche et brillante carrière. Soukaïna s'est aussi essayée à l'écriture, mais n'a pas trouvé d'éditeur. Meryem, Maria et Abdelatif, les trois autres enfants du général Oufkir, sont les plus discrets. Ils préfèrent l'anonymat et mènent leur vie en toute discrétion. Maria, grâce à qui les Oufkir peuvent, désormais, voyager librement, son arrivée tumultueuse en France est, en effet, à l'origine de la délivrance de passeports à toute la famille, se consacre à sa boîte de communication et de production à Paris. Mère d'un garçon de 14 ans, elle collabore avec sa cousine Achoura, sa compagne d'infortune, et elles tentent, toutes les deux, de vivre avec leur lourd passé. Meryem, sensible et fragile, vit à Paris avec son mari. Titulaire d'une licence en psychopédagogie décrochée à la faculté des lettres et des sciences humaines Mohammed V à Rabat, elle s'est spécialisée dans l'éducation des enfants en difficulté. Mère d'une fille de 12 ans, elle se donne à l'écriture, à l'instar des autres membres de la famille, pour oublier. Elle travaille sur un projet de recueil de photos illustré par ses propres poèmes qu'elle espère, un jour, voir publié. Abdelatif, le benjamin, emprisonné à l'âge de trois ans, souffre encore. À 36 ans, il vit chez sa maman à Marrakech et se cherche encore. Vouant une véritable passion pour l'aviation, il voulait passer un brevet de pilote, mais des problèmes financiers ont mis fin à son rêve. Fatéma, partagée entre Marrakech et Paris, se bat toujours pour récupérer le patrimoine familial. Un combat difficile, mais elle compte le mener jusqu'au bout. Si chacun des membres de la famille Oufkir est parvenu à refaire sa vie et rattraper le temps perdu, ils souffrent tous de séquelles psychologiques et physiques irréversibles. Dans son dernier livre, Malika confie qu'elle n'a jamais plus retrouvé le goût de la nourriture. Jusqu'à aujourd'hui, elle ne peut s'empêcher de stocker les restes des repas dans son réfrigérateur, malgré le fait qu'elle soit à l'abri du besoin, pour ne jamais en manquer. Comme ses cinq frères et soeurs, elle est toujours sujette à des migraines, des vomissements, des bronchites chroniques et des ulcères d'estomac. Psychologiquement, ils restent aussi très marqués. Ils ont peur de la foule et ont besoin de quatre ou cinq heures par jour de solitude, de silence et de noir pour se retrouver.
Malgré les dommages et intérêts, estimés à environ un million trois cent mille dollars, que l'Etat marocain a versés à la veuve et aux enfants du général, les Oufkir ne retrouveront jamais les plus belles années de leur existence, celles de leur jeunesse.
source:maroc hebdo

"Plus on aime, plus on souffre. La somme des douleurs possibles pour chaque âme est proportionnelle à son degré de perfection..."



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MessagePosté le: 12/05/2006 15:41:34    Sujet du message: Publicité

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